Cela fait un moment déjà que je ressens le besoin de me rapprocher de la nature. D’apprendre à mieux la connaître aussi. De m’immerger en elle pour comprendre comment devenir son alliée, et non sa pestiférée. Cela fait longtemps aussi que j’ai envie de vivre des expériences, des contacts, de sortir de ma bulle, de ma zone de confort, de mes habitudes et mes repères, pour aller à la rencontre de moi-même. Le vrai moi, pas la version robotique qui tente de survivre dans une société qui l’a entièrement paramétrée.
J’ai exploré plusieurs solutions au cours des derniers mois, et je viens finalement de trouver celle qui me semble la plus appropriée, la plus prometteuse, la plus logique. Elle me fait peur autant qu’elle me met
en joie, mais comme le dit si bien Philippe Guillemant, brillant ingénieur physicien du CNRS : « Quand une voie vous met en joie, il faut répondre à l’appel. C’est votre âme qui cherche à vous joindre ». Ma solution, la voilà : l’escargot. Ou la tortue, comme vous préférez. Pas parce qu’ils bougent lentement, mais parce qu’ils voyagent léger.
Je vais tout larguer. Vendre tout ce que je possède, ne conserver que l’essentiel, qui devra tenir entre les parois d’un petit utilitaire, qui constituera ma seule acquisition pour m’envoler. Un décollage n’est possible qu’une fois qu’on est délesté, et les possessions matérielles sont des boulets. Des leurres qui vous ancrent et vous piègent dans une vie formatée, et qui constituent les pires mirages de notre société.
En vendant tout, je suis libre. Mes biens tiennent dans mon moyen de locomotion, et je peux aller où je veux. Visiter la France, passer de petits appartements meublés en logements gratuits (wwoofing, écolieux, home sitting…), découvrir du pays, des gens, changer de rythme et de priorités, bref. Me réinventer. Totalement. Autre objectif : mener à bien l’écriture des NH. Actuellement, me lancer dans un nouveau projet littéraire est totalement impossible : pour faire face à mes charges, je dois cravacher toute la journée sur un clavier, et il est physiquement et intellectuellement inconcevable que je remette ça le soir après une journée de huit heures. Pour écrire, il faut que je réduise la voilure des factures. Pour réduire la voilure des factures, il ne faut plus avoir de loyer à payer. Pour ne plus avoir de loyer à payer (ou le plus réduit possible), il faut larguer les amarres et apprendre à fonctionner autrement.