L'été sera chaud
Si vous êtes de ma génération, vous voilà gratifiés d'une chanson entêtante .
Mais il n'y a pas de quoi rire en fait... ni de chanter, à fortiori si ce n'est pas sous la pluie. L'écologie n'aura finalement jamais réussi à gagner ses lettres de noblesse auprès de nos "dirigeants" politiques, elle ne sera jamais parvenue à convaincre les humains de son impérieuse prévalence, et c'est dorénavant dans la notion du "trop tard" qu'elle trouvera tout son sens. Nous sommes décidément une espèce désespérante.
Il n'existe plus aucun ennemi à combattre aujourd'hui hormis notre propre connerie et notre propension au déni. Nous continuons de nous faire la guerre alors que nous fonçons droit vers notre perte, sans accepter de réaliser que le seul moyen de nous en sortir, c'est de grandir.
Je ne sais pas si c'est la cinquantaine qui me fait virer de bord, mais le vent tourne. Plus les semaines passent, et plus je me sens happée par l'appel de la forêt, de la montagne, des écolieux, de la coupure système et de la réinitialisation. J'ai la sensation de ne plus être du tout en adéquation avec le monde qui m'a vue naître. Il y a comme une erreur de casting. J'avance gentiment vers une autre vie, même si je ne sais pas encore bien laquelle.
Ce qui est sûr, c'est que les Enfants de Pangée me harcèlent à nouveau. Ils réclament une seconde chance, une renaissance, le moyen de s'exprimer avant que leur voix n'étouffe sous les degrés. Je n'ai plus envie d'écrire, mais j'en ai besoin. Je ne crois plus dans le sursaut, mais je m'en veux d'abdiquer. Et je suis triste. Triste de constater que les parents n'ont nullement l'intention de sauver l'avenir de leurs enfants, que les "élites" préfèrent survoler le monde en jet plutôt que d'en protéger la beauté, que la génération de mon fils devra composer avec nos frasques d'ados insouciants et endosser le poids de notre égoïsme.
Partir, écrire. Rédiger les Livrets de la révolte et les balancer en pâture dans l'océan de nos manquements.
Peut-être est-ce ma voie, ma solution pour faire face à la somme faramineuse de problèmes que nous avons engendrés.
Je contemple encore le large en me demandant si j'y trouverai ma place... mais au fond, je sais déjà que je ne suis plus chez moi sur ce rivage.
Bel été de désamarrage à tous.