Le printemps approche, et avec lui, les feuilles repoussent, dans les arbres comme sur mon bureau.
Tout comme le cycle permanent de la vie, mes pulsions créatrices passent régulièrement de l'hibernation à la renaissance, telle la sève remontant les veines de ma propre nature. Le réveil vient avec le retour du soleil, comme si sa lumière avait le pouvoir de raviver en nous la soif des possibles et l'envie de les concrétiser.
Je suis bien ennuyée. J'aspire à me replonger dans mon encrier, mais la montée en puissance de l'IA me contraint à réorienter mon activité alimentaire, ce qui induit réflexions, prospections, formations. Dès lors, où trouver le temps et l'énergie de me lancer dans de nouveaux projets, alors même qu'il me faut repenser les fondations même de mon mode de fonctionnement ?...
Et pourtant, comme à leur habitude, ils me tiennent, ces mondes et ces idées qu'il me faut cristalliser. Le besoin de raconter chevillé au corps, je lutte contre des envies prégnantes d'école buissonnière (qui vont souvent de paire avec la saison printanière). Tout envoyer balader, rallier un écolieu, apprendre à devenir autonome et consacrer le reste de mon temps à noircir des pages avant de les lancer dans le vent.
Pour être franche, la rupture me taraude. Le monde dans lequel nous vivons devient insupportable et vivre à côté de lui plutôt que d'en constituer un rouage docile commence à tenir du réflexe de survie. Mais quelques points d'ancrage me retiennent encore...
Par conséquent, je continue de jouer les funambules, tantôt tirée vers le bas par le poids des contraintes et du pragmatisme, tantôt poussée en avant par des élans de créativité. L'équilibre est précaire, mais il tient bon... J'ignore pour combien de temps.
Joyeuses tergiversations vernales à tous :)